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Ma fille,mon tendre amour,
C'est la dernière lettre que je t'écris. Dans une heure ils vont me fusiller. Je partirai la tête haute, fier de n'avoir pas parlé. Ne t'inquiète pas de ce grand malheur qui nous touche, je ne vas mourir qu'une fois, mais les salaud qui vont tirer mourront autant de fois que l'histoire les nommera. Moi je te laisse en héritage un nom dont tu seras fière.
Je voulais rejoindre l'Angleterre, je vais saigner dans la cour d'une prison de France, mais pour toi comme pour elle, vos liberté valaient ma vie. J'ai combattu pour une humanité meilleure et j'ai la grande confiance que tu réaliseras les rêves que je ne ferai plus.
Quoi que tu entreprennes, ne renonce jamais, la liberté des hommes est à ce prix.
Ma petite Yvonne, je repense à ce jour où je t'emmenais à la grande roue des Ternes. Tu étais si jolie dans ta robe à fleurs. Tu pointais ton doigt sur les toits de Paris. Je me souviens du v½u que tu avais fait. Aussi avant qu'ils ne m'arrêtent, j'avais caché pour toi dans le coffre d'une consigne un peu d'argent mis de côté; il te servira. Je sais maintenant que les rêves n'ont pas de prix, mais cela t'aidera peut-être quand même un peu à réaliser le tien, là où je ne serai plus. Je glisse la clé dans ce portefeuille, ta mère saura te guider là où il faut.
J'entends les pas qui viennent, je n'ai pas peur, sinon pour toi.
Tu vois, j'entends la clé qui tourne dans la serrure de ma cellule et je souris rien qu'en pensant à toi, ma fille. En bas, dans le cour, attaché au poteau, je dirai ton prénom?
Même si je meurs, je ne te quitterai jamais. Dans mon éternité, tu seras ma raison d'avoir été.
Accomplis - toi, tu es ma gloire et ma fierté.
Ton papa qui t'aime
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« Dans le taxi qui la ramenait vers Brick Lane, Audrey se disait que le mieux serait peut-être de ne plus jamais aimer. Pouvoir tout effacer, oublier les promesses, recracher ce poison au goût de trahison. Combien de jours et de nuits faudrait-il, cette fois encore, pour cicatriser ? Surtout, ne pas penser maintenant aux week-ends à venir. Réapprendre à contrôler les battements de son c½ur quand on croit voir l'autre au détour d'un carrefour. Ne pas baisser les yeux quand un couple s'embrasse sur un banc devant vous. Et ne plus jamais, jamais attendre que le téléphone sonne.
S'empêcher d'imaginer la vie de celui qu'on a aimé. Par pitié, ne pas le voir lorsqu'on ferme les yeux, ne pas penser à ses journées. Hurler que l'on est en colère, qu'on vous a trompée.
Que sera devenu le temps de la tendresse, des mains qui se croisaient quand on marchaient ensemble ? »
