Le petit prince - Antoine de Saint-Exupéry

Le petit prince - Antoine de Saint-Exupéry
« -Je connais une planète où il y a un Monsieur tout cramoisi. Il n'a jamais respiré une fleur. Il n'a jamais regardé une étoile. Il n'a jamais aimé personne. Il n'a jamais rien fait d'autre que des additions. Et toute la journée il répète comme toi : « Je suis un homme sérieux ! Je suis un homme sérieux ! » et ça le fait gonfler d'orgueil. Mais ce n'est pas un homme c'est un champignon !
- Un quoi ?
- Un champignon !
[...]
- Il y a des millions d'années que les fleurs fabriquent des épines. Il y a des millions d'années que les moutons mangent quand même les fleurs. Et ce n'est pas sérieux de chercher à comprendre pourquoi elles se donnent tant de mal pour se fabriquer des épines qui ne servent jamais à rien ? Ce n'est pas important la guerre des moutons et des fleurs ? Ce n'est pas plus sérieux et plus important que les additions d'un gros Monsieur rouge ? Et si je connais, moi, une fleur qui n'existe nulle part, sauf sur ma planète, et qu'un petit mouton peut anéantir d'un seul coup, comme ça, un matin, sans se rendre compte de ce qu'il a fait, ce n'est pas important ça !
[...]
- Si quelqu'un aime une fleur qui n'existe qu'à un exemplaire dans les millions et les millions d'étoiles, ça suffit pour qu'il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : « Ma fleur est là quelque part... ». Mais si le mouton mange la fleur, c'est pour lui comme si, brusquement, toutes les étoiles s'éteignaient ! Et ce n'est pas important ça ! »

# Posté le mardi 16 octobre 2007 12:46

Modifié le mercredi 06 août 2008 18:08

Charlie et la chocolaterie - Roald Dahl

Charlie et la chocolaterie - Roald Dahl
« Le premier des commandements en ce qui concerne les enfants est celui-ci : éloignez-les de votre poste de télé. Ou mieux – n'installez pas du tout ce machin idiot chez vous. Dans presque toutes les maisons on les a vus, en pâmoison. Vautrés devant leur appareil. On n'a jamais rien vu de pareil.
Les yeux leur sortaient de la tête (y'en avait plein sur la carpette). Transis, absents, les yeux en boules devant ce poste qui les saoule, les bourre à longueur de journée de nourritures insensées. Vrai, ils se tiennent bien tranquilles. Ils ne font pas les imbéciles. Ne touchant rien, ne cassant rien. Ne poussant pas de cris d'Indiens. En un mot, ils vous fichent la paix. Étant bien sages, cela est vrai. Mais savez-vous, mes chers adultes ce qu'il a de ravageant, ce culte ? UTILE ? LOUABLE ? PAS QUESTION ! ÇA VOUS TUE L'IMAGINATION ! ÇA VOUS COLMATE LES MÉNINGES. ÇA VOUS TRANSFORME EN PETITS SINGES. EN PANTINS ET EN ABRUTIS. SANS FANTAISIE ET SANS ESPRIT. EN RAMOLLIS, EN AUTOMATES. AVEC DES TÊTES COMME DES PATATES !« D'accord ! nous direz-vous, d'accord, mais quel sera alors le sort de nos petits ainsi frustrés ? Que trouver pour les amuser ?» Justement, là est la question. Le monstre appelé télévision, si on a bonne mémoire, n'a pas toujours été notoire ! Que faisiez-vous, étant petits pour vous vitaminer l'esprit ? C'est oublié ? Faut-il le dire tout haut ? LES... ENFANTS... SAVAIENT... LIRE ! Oui, ils lisaient, ces chers enfants. Des contes, des vers et des romans. Oui, ils dévoraient par milliers les gros volumes familiers ! Des fées, des rois et des reines faisant la chasse à la baleine, des sorcières et des dragons, des vaisseaux explorant les fonds des mers du Sud. Pirates, sauvages défilaient sur les rayonnages, des cannibales en délire dansant autour d'une poêle à frire... Oh ! Dieu ! Qu'il était beau le temps, le temps des livres passionnants! Et c'est pourquoi nous vous prions d'extirper vos télévisions pour les remplacer par des livres, pleins de merveilles, de joie de vivre ! Ils oublieront, en s'y plongeant les insanités de l'écran ! Pour revenir à Mike Teavee, nous ferons tout pour le sauver, mais si, des fois, nous le manquons, que ça lui serve de leçon ! »



# Posté le mercredi 03 octobre 2007 09:29

Modifié le mercredi 06 août 2008 18:06

L'écume des jours - Boris Vian

L'écume des jours - Boris Vian
« On se rappelle beaucoup mieux les bons moments , alors à quoi servent les mauvais ? »


# Posté le mercredi 03 octobre 2007 09:02

Modifié le mercredi 06 août 2008 18:04

Lorsque j'étais une oeuvre d'art - Eric-Emmanuel Schmit

« Chacun de nous à trois existences. Une existence de chose : nous sommes un corps. Une existence d'esprit : nous sommes une conscience. Et une existence de discours : nous sommes ce dont les autres parlent. Le première existence, celle du corps, ne nous doit rien, nous ne choisissons ni d'être petit ou bossus, ni de grandir ni de vieillir, pas plus de naître que de mourir. La deuxième existence, celle de la conscience, se montre très décevante à son tour : nous ne pouvons prendre conscience que de ce qui est, de ce que nous sommes, autant dire que la conscience est un pinceau gluant docile qui colle à la réalité. Seule le troisième existence nous permet d'intervenir dans notre destin, elle nous offre un théâtre, une scène, un public : nous provoquons, démentons, créons, manipulons les perceptions des autres ; pour peu que nous soyons doués, ce qu'ils disent dépend de nous. »
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« Un petit peu de conscience, c'est toujours une conscience. Une flammèche, c'est encore du feu. »

Lorsque j'étais une oeuvre d'art - Eric-Emmanuel Schmit

# Posté le mercredi 03 octobre 2007 08:47

Modifié le mercredi 06 août 2008 18:01

Mémoires d'un jeune homme dérangé - Frederic Beigbeder

Mémoires d'un jeune homme dérangé - Frederic Beigbeder
« Ils hésitaient entre un idéal d'extrême confort et le fantasme aristocratique de n'avoir rien pour avoir tout. Ils n'étaient pas dans les temps. Ils n'auraient pas été zazous dans les années 40, ni existentialistes dans les années 50, ni yéyés dans les années 60, ni hippies dans les années 70, ni yuppies dans les années 80 : mais ils seraient tout cela à la fois avant l'an 2000. A chaque jour de la semaine correspondait une decennie. Lundi, contrebande, couvre-feu, caves de jazz. Mardi, cabriolets, cravates larges, cheveux courts. Mercredi, chansons dans le vent, chaussettes noires, Carnaby Street. Jeudi, chanvre indien, communauté, communisme. Vendredi, cafard moderne, col anglais, caisson d'isolation. Le week-end ils tentaient l'impossible: être eux-même pour achever ce siècle débordé, comme disait l'autre. »


# Posté le jeudi 27 septembre 2007 04:04

Modifié le mercredi 06 août 2008 17:59