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. Une photo, on peut lui faire dire ce qu'on veut ! Un texte, un film, un discours, c'est la même chose – il suffit d'en découper un petit morceau, de le mettre à part, bien proprement, sur une jolie page. L' « extrait » prend tout de suite une coloration différente, quelquefois un sens totalement différent ! Tout dépend de l'endroit où on le coupe. Tout dépend de celui qui tient la colle et les ciseaux.
. Les publicistes de spectacle connaissent bien la combine. Ils vous découpent une phrase flatteuse dans un article et vous la servent toute seule sur les affiches. Même si l'article est un vrai désastre et la critique écrite au venin ! Il y a toujours un petite phrase, un morceau de phrase qui peut servir. « UN RYTHME ENDIABLÉ ! ÉTONNANTE PERFORMANCE DES ACTEURS »... Alléchant ! Surtout si on ne dit pas ce qu'il y avait autour : « Plaisanteries niaises et gags ratés s'enchainent à un rythme endiablé. Étonnante performance des acteurs qui ont le courage de jouer chaque soir jusqu'au bout cette comédie indigeste... » Il arrive vraiment que ce soit aussi gros que ça ! Il arrive aussi que ce soit beaucoup plus subtil. – Lorsque les hommes politiques se citent mutuellement, ça fini toujours pas des engueulades ; ils « déforment » la pensée de l'autre en n'en citant qu'un extrait. L'autre hurle, c'est bien naturel, ça fait rudement mal une pensée déformée ! Ça peut vous créer des torts, des tas d'histoires...
. Même si le découpage à l'air honnête, même s'il est fait dans les meilleures intentions (il y a toujours une intention !), un « passage » d'un livre donne rarement une idée juste de l'ensemble de son contenu. Lorsque par la suite on lit le bouquin en entier, on est souvent surpris en retrouvant l'extrait ; dans la foulée, au détour des pages, on a du mal à le reconnaître. Le « morceau choisi » avait pris une sorte de vie indépendante, il a de la peine à se réintégré dans le fil du récit. Le ton, l'esprit, ne sont plus les mêmes ; une fois raccroché à son entourage, il prend soudain une autre couleur, un éclairage différent. »
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Merci Mme Baud'huin. ;) ahah.